La presse muselée

Yann Faure sur Facebook le 14 septembre 2021 a écrit :

Au nom de la liberté de la presse, j’adresse mon amitié et mon soutien à Alexandre-Reza Kokabi journaliste pour Reporterre et un grand merci à “Arrêt sur Image” pour leur enquête sur la répression des journalistes qui couvrent les actions de désobéissance civile et les mouvements sociaux :« Ces derniers temps, la police et parfois la justice ont tendance à confondre les militants écologistes pratiquant des actions illégales, et les journalistes qui les couvrent. Un journaliste de Reporterre a été placé en garde à vue, des journalistes locaux ont été convoqués pour avoir suivi des décrocheurs de portraits de Macron… Et Konbini vient d’être condamné pour avoir suivi des militants animalistes à l’intérieur d’un élevage de poulets.Couvrir une action illégale, pour un journaliste, est-ce se rendre complice de l’action ? Et quand la couverture de l’action nécessite pour le journaliste de pénétrer dans des lieux interdits, doit-il y renoncer ? Vendredi 26 juin, Alexandre-Reza Kokabi, journaliste à Reporterre, était arrêté sur le tarmac de l’aéroport d’Orly. Il suivait des militants écologistes d’Extinction Rebellion, venus dans cette zone interdite au public bloquer le décollage d’un avion, et ainsi dénoncer les aides apportées par l’État au secteur de l’aviation dans le cadre de la crise sanitaire. L’action de désobéissance civile était à la fois dans la veine de ce que fait habituellement XR (Exctinction Rebellion), c’est-à-dire hors-la-loi mais sans violence, et d’une audace inédite.SEUL REPORTERRE RÉPOND PRÉSENTChez les journalistes, seul Alexandre-Reza Kokabi avait fait le déplacement pour couvrir cette action. D’autres journalistes avaient pourtant été informés de l’événement, explique à Arrêt sur images Franck, responsable des relations médias d’XR. “J’avais prévenu une dizaine de journalistes en lesquels nous avons confiance”. Pourtant, seul Alexandre-Reza Kokabi était présent le vendredi 26. Il avait reçu par message le lieu du rendez-vous ainsi qu’un schéma lui indiquant la nature de l’opération. “Je savais que l’action avait un lien avec l’industrie aéroportuaire. On en a discuté avec la rédaction, on s’est dit que c’était important d’y être”, raconte le journaliste à Arrêt sur images. 👉 Très belle enquête de “Arrêt sur Image” concernant la désobéissance civile