REPERTOIRE

  1. Pour en obtenir la liste de noms*, cliquer sur <Tous>
  2. Pour obtenir tous les noms commençant par une même <lettre alphabétique> ; cliquer sur cette dernière
  3. Pour obtenir toutes les Descriptions contenant un même mot ; saisir ce dernier, puis cliquer sur <Rechercher>
  4. Pour ajouter un nouveau nom** ; cliquer sur <Envoyer un nom> à droite du menu ci-dessous, puis suivre les instructions

Tous | # A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z | Envoyer un nom
Il y a 3 noms dans ce répertoire commençant par la lettre R.
RECLUS Elisée
Premier à constater l'articulation de la dégradation de l'environnement, de la situation sociale et de la démocratie, essentiellement dans les relations Nord-Sud, Elisée Reclus (1830-1905) est incontestablement le premier écologiste politique français. Géographe de grande envergure, pacifiste, féministe, autogestionnaire, libertaire, humaniste, antimilitariste, anticolonialiste, défenseur des déshérités et des exclus, ce militant anarchiste exemplaire est aussi un homme que ses origines protestantes conduit à une frugalité très austère. Il est l'archétype de certains écolos des débuts, que les actuels partisans de la décroissance ne renieraient pas. Il a vécu l'exil, la prison, les procès, les indignités. Il refuse les honneurs, les richesses, les privilèges, et son intégrité est totale. Amené à écrire la première grande Encyclopédie de la terre pour Hachette, il parcourut le monde et décrit ce qu'il voit : le capitalisme industriel débridé ruinant la nature, les cultures et pillant les économies, les richesses communes pour un profit rapide. La géographie est pour lui autant une arme de combat qu'une science. Pédagogue et vulgarisateur, ses livres "Histoire d'une montagne" et "Histoire d'un ruisseau" sont des classiques incontournables. Athée, il se méfie du mysticisme de Haeckel et n'emploie pas le mot "écologie". Il est en revanche un partisan de la mésologie de Bertillon. Reclus, très en avance, n'eut pas de successeurs dans sa science, et ne fut jamais revendiqué par les premiers écologistes. Son apport à l'écologie fut même occulté souvent par les libertaires, par peur de le voir récupérer. Ces dernières années seulement son apport magistral a enfin été reconnu : cet homme exemplaire est enfin remis à sa vraie place de grand père de l'écologie française.

Réformisme et radicalité
Ecologie réformiste ou écologie révolutionnaire ? La question structure toujours les mouvements d'écologie politique. Entre ceux, souvent environnementalistes, pour qui la société doit être amendée pour devenir plus vivable (environnement, équité sociale) et ceux pour qui la société doit être en entier repensée, les malentendus sont légion. Les premiers se satisfont vite d'accords électoraux, par exemple avec des partis traditionnels qui ajouteraient quelques lignes sur l'"écologie" dans leur programme, les seconds n'y ont jamais cru. Pour ces derniers, l'écologie ne peut être réalisée sans les écologistes et les non-écolos seront toujours suspects. La réalité leur a souvent donné raison. Du coup, ceux qui veulent changer le système de fond en comble apparaissent comme des extrémistes, voire des excités, et les réformistes pour des mous. Il est surprenant de voir que les plus extrémistes de l'échelle politique, à l'extrême-gauche, ont souvent rejoint les réformistes sur le terrain où l'écologie n'est qu'une part du programme et non le programme. Dans tous les pays, les partis Verts ont assumé, malgré les attaques, leur double détente, révolutionnaire sur le long terme (changer la société de fond en comble) et réformiste à court terme (faire avancer partout où on le peut les idées écolos en progressant vers une radicalité toujours plus forte). Cela leur a valu des volées de bois vert aussi bien des gauchistes et libertaires que des socio-démocrates et des communistes. D'un côté, on leur reproche un réformisme sans radicalité, de l'autre un extrémisme irréaliste. C'est pourtant ainsi que la société avance : à petites touches dans une direction jamais reniée. Cela explique l'aisance avec laquelle les élus écolos se sont glissés dans des exécutifs gestionnaires (municipalités, régions) tout en conservant pratiquement partout une exigence qui irrite leurs partenaires.

Révolution
Ceux qui nient que l'écologie soit révolutionnaire ont mal regardé les programmes électoraux successifs. 80 % des propositions écologistes ne sont pas compatibles avec les programmes de leurs concurrents. Social-démocratie, communisme, trotskysme ou libéralisme s'enferrent dans le productivisme, quand ce n'est pas dans les croyances désuètes au progrès, à la croissance, au travail, voire aux divisions traditionnelles (gauche-droite, classe possédante-classe travailleuse) quand ce n'est pas aux vertus des frontières. Le monde a changé et les repères aussi. Les manières de lutter doivent être adaptées à l'époque. C'est en cela d'abord que l'écologie, seule idée nouvelle en politique depuis le XIX° siècle, est révolutionnaire. Mais aussi parce que, dans une société écologiste, il ne resterait pas grand-chose des anciennes conceptions ni dans les manières de faire. Egalitariste, fédéraliste, mondialiste, solidaire, dirigée vers l'être humain et marginalisant le rôle du travail dans le développement de l'être, une société écologiste changerait en profondeur la vie des êtres humains. La révolution écologiste est d'abord une offensive contre l'ancien monde, bien loin de l'écologie réduite à la protection de l'environnement.


Envoyer un nom

Remarques :

* Un nom est un mot descriptif, forcément limitatif d’un ensemble d’autres mots

** Il sera soumis à modération